| 3 octobre 2016

[Portrait] Marc Hernandez, un technicien bien poliste

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Nos équipes ont des talents et des richesses à revendre, et pas seulement aux heures de travail. Pour dévoiler les facettes méconnues de ses collaborateurs, Vélogik commence aujourd’hui une série d’interviews de quelques-uns d’entre eux à Lyon, Grenoble et Clermont. Sorti major de sa promotion, Marc Hernandez, titulaire d’un CQP de technicien cycles, travaille pour…

Nos équipes ont des talents et des richesses à revendre, et pas seulement aux heures de travail. Pour dévoiler les facettes méconnues de ses collaborateurs, Vélogik commence aujourd’hui une série d’interviews de quelques-uns d’entre eux à Lyon, Grenoble et Clermont.

Sorti major de sa promotion, Marc Hernandez, titulaire d’un CQP de technicien cycles, travaille pour le centre technique lyonnais de Vélogik depuis deux ans. Il assure la coordination des opérations de maintenance dans le Rhône et aux alentours. Mais pour ce trentenaire jamais à court de blagues, le vélo n’est pas qu’un objet de travail, puisqu’il est aussi cycliste-poliste, c’est-à-dire joueur de « bike-polo » (en français : polo-vélo). Keskecé ? La réponse en interview.

Marc, quelle pratique sportive du vélo as-tu précisément ?
Je pratique le bike polo depuis peu à Lyon. On se réunit trois fois par semaine pour jouer, avec mon équipe qui s’appelle « Milou et les Dupondts ». Mon objectif est de participer ce mois-ci à un tournoi, à Lyon justement. Je n’ai donc aucune excuse pour ne pas y participer !

En quoi consiste le bike polo moderne ?
Le « polo à bicyclette » était déjà le seul sport de démonstration aux Jeux Olympiques de Londres en 1908 ! Il s’agit de la discipline d’origine, pour laquelle il existe un championnat international et un championnat de France. Le « bike polo » auquel je joue est un sport dérivé beaucoup plus récent. Il se pratiquait au départ uniquement sur l’herbe, puis des coursiers aux États-Unis ont décidé d’en faire une pratique urbaine, pour se détendre après le travail, sur un terrain « en dur » donc. Il suffit pour cela d’un parking sous-terrain ou d’une friche industrielle, de maillets, d’une balle, et évidemment d’un vélo. Et c’est parti ! Nous, nous utilisons un terrain de la Croix-Rousse [un quartier de Lyon, ndlr], où la ville nous donne accès au terrain de roller – hockey.

Le polo se joue à trois contre trois. Chaque joueur a son propre singlespeed (mono-vitesse) avec une roue libre, un frein avant et un guidon plat, ce qui permet un jeu plus « libre » . Un match dure 12 minutes, à moins que l’une des deux équipes ne marque 5 buts, ce qui provoque l’arrêt du match. S’il y a égalité au bout du temps réglementaire, c’est la règle du « golden goal » (« but en or ») qui s’applique : la victoire est accordée au camp qui marque le premier but suivant. On a pas le droit de poser le pied au sol sous peine de devoir taper au milieu de l’une des deux boards latérales. La zone devant les buts, qui sont matérialisés bien sûr, est appelée « la crise » et comme au basket, seul le gardien peut rester dans cette zone, pas d’autre joueur. Le poste de gardien n’est pas attribué à un joueur en particulier : quand le danger s’éloigne, le gardien sort et peut-être remplacé par un autre joueur sur le terrain.

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Un match de bike-polo à Varsovie. Source : Wikimedia Commons.

Les règles du jeu sont-elles définitivement fixées ?
Au-delà des principes fondamentaux que je viens de te décrire, non. Les règles ont beaucoup évolué au fil des matchs spontanés (appelés « pick-up »), et surtout des tournois. Les premières compétitions ont d’ailleurs fait pas mal de dégâts matériel et corporels : tous les coups ou presque étaient permis ! Aujourd’hui, le jeu s’est adouci même s’il reste physique. Le maillet lui aussi a évolué dans sa matière et sa forme. Enfin, il existe des tournois qui ne se jouent qu’en pédales plates, interdisant les pédales avec cales automatiques permettant de fixer les chaussures. Chaque année, un comité de joueurs se réunit au niveau européen pour décider de nouvelles règles et faire évoluer le jeu.

Pourquoi as-tu choisi le bike-polo ?
Pour la convivialité, mais aussi le fait de se dépasser, essayer d’allier la maîtrise du vélo et de la balle. Évidemment, il y a un côté compétitif, mais le polo, pour nous, c’est d’abord de la détente et du plaisir !

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Des joueurs aux Etats-Unis. Photo : Flickr.com

Est-ce que c’est facile de concilier cette passion avec le boulot, est-ce que c’est complémentaire ?
Ah oui ! Mécaniquement parlant, il y souvent de la casse. Donc c’est forcément complémentaire avec mon travail de technicien cycles agréé.

Et sinon, quels sont tes loisirs autres que le vélo ?
Je pratique le basket ball, je fais de la rando et je joue de la guitare.

Propos recueillis par Sébastien Marrec

 

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