Le métier de technicien·ne cycle chez Vélogik, c’est avant tout une histoire de passion, de rigueur et d’engagement.
Alma Moreno Lelong, technicienne itinérante à La Poste, nous raconte son parcours, son quotidien et son regard sur la place des femmes dans les métiers techniques.
Un parcours atypique et une passion pour le vélo

Bonjour Alma, peux-tu te présenter rapidement ?
Je m’appelle Alma, j’ai bientôt 30 ans et je suis mécanicienne cycle depuis environ six mois. Avant d’intégrer Vélogik, j’ai suivi une formation de photographe. J’ai d’abord essayé de travailler dans ce milieu mais c’est très compliqué et j’ai finalement choisi de me réorienter vers un métier manuel, plus concret et technique.
« Une journée réussie, c’est quand les vélos sont prêts à repartir et que les utilisateurs sont satisfaits. Voir les facteurs heureux de pouvoir travailler sans problème technique, c’est très gratifiant. »
Peux-tu nous raconter ton parcours professionnel ?
Après avoir fait des études dans la photo et quelques expériences, je me suis rendu compte que ce milieu ne me convenait pas. J’ai ensuite travaillé un an dans la logistique, un emploi sans lien avec mes études, mais où j’ai découvert le plaisir de mes trajets à vélo. C’est à cette période que j’ai commencé à fréquenter un atelier d’auto-réparation près de chez moi. J’y allais toutes les semaines, d’abord pour réparer mon propre vélo, puis par passion pour la mécanique.
En parallèle, j’ai effectué plusieurs immersions en atelier, notamment chez Cyclimoov à Paris. Ces expériences m’ont confortée dans mon envie de me professionnaliser. J’ai donc passé un CQP technicien cycle, avant d’intégrer Vélogik.
Qu’est ce qui t’a donné envie de travailler dans le domaine du cyle ?
Le vélo est rapidement devenu un équilibre dans ma vie : c’est à la fois un moyen de déplacement, une activité physique et une source de sérénité. En réparant mon vélo, j’ai compris que la mécanique me permettait de me concentrer et de canaliser mon énergie.
Ce qui m’a surtout motivée, c’est le plaisir de rendre un vélo plus sûr et agréable à utiliser. Un vélo bien réglé, c’est un cycliste heureux.
Pourquoi un métier technique ?
J’aime comprendre comment les choses fonctionnent. La technique, c’est un mélange de logique et de précision. Dans ce métier, on observe, on réfléchit, on cherche des solutions, parfois avec peu de moyens. C’est stimulant et gratifiant.
Y a-t-il une réparation que tu aimes particulièrement faire ?
Le dévoilage des roues ! C’est un travail qui demande beaucoup de patience et de minutie. Quand la jante est bien alignée à la fin, c’est très satisfaisant.
Un quotidien varié et motivant
Comment s’est passée ton intégration ?
Très bien. Alexandre et Marek m’ont fait confiance dès le départ. Je suis assez autonome, donc parfois je passe plusieurs jours sans avoir besoin de les contacter. Il y a un vrai respect mutuel au sein de l’équipe.
C’est un poste qui me convient bien, car il combine des moments de solitude, que j’apprécie, et des échanges humains avec les équipes de La Poste.

Qu’est-ce qui t’a motivée à rejoindre Vélogik ?
« Au départ, c’était une opportunité professionnelle. Mais j’ai rapidement adhéré à la mission de l’entreprise : rendre la mobilité cyclable plus accessible.
Travailler sur des services comme Véligo Location ou La Poste, c’est participer concrètement au développement du vélo comme moyen de transport du quotidien. »
Quelles sont tes principales missions en tant que technicienne à Ivry ?
Mon rôle principal est d’assurer la maintenance préventive et corrective de la flotte de vélos de La Poste. Je veille à ce qu’aucun vélo ne soit immobilisé et que les facteurs puissent partir en tournée en toute sécurité.
Je gère aussi mes stocks de pièces et le suivi des interventions. Chaque vélo doit être opérationnel et conforme aux exigences de sécurité.
A quoi ressemble ta journée type ?
Je pars de chez moi vers 7 h pour rejoindre mon premier site. J’échange avec les facteurs pour identifier les besoins, puis je priorise les réparations selon leur urgence.
En moyenne, j’interviens sur deux sites par jour. Je m’occupe aussi des vérifications d’usage : freins, stabilisateurs, lubrification… Parfois, j’anticipe certaines pannes avant qu’elles ne surviennent.
Ce que j’aime particulièrement, c’est que chaque journée est différente. Entre les trajets, les rencontres et les réparations, on ne s’ennuie jamais.
Quelles qualités sont indispensables dans ton métier ?
La curiosité, l’esprit d’initiative et la minutie. Il faut connaître le fonctionnement du vélo, comprendre comment les pièces interagissent et savoir anticiper les défaillances.
Et surtout, il faut garder en tête que notre travail a un impact direct sur la sécurité et le confort de l’usager.
Trouver sa place dans un milieu majoritairement masculin
Quelle est, selon toi, la place des femmes dans les métiers du vélo ?
Elle est encore trop faible, même si les choses évoluent. Dans la mécanique, les femmes sont rares, mais de plus en plus présentes. Le changement se fera surtout avec la nouvelle génération.
As-tu rencontré des difficultés particulières ?
Pas au sein de Vélogik, heureusement. J’ai la chance de travailler avec des personnes respectueuses. En revanche, certains clients ont parfois du mal à me prendre au sérieux, simplement parce que je suis une femme. Il faut souvent prouver deux fois plus sa légitimité.
Qu’est-ce qui a été le plus difficile à gérer dans ton parcours ?
L’intégration dans un milieu très masculin, sans doute. On se sent parfois seule. Mais avec le temps, la confiance s’installe et les relations deviennent plus naturelles.
Comment perçois-tu l’engagement de Vélogik en faveur de l’égalité professionnelle ?
Je sais que Vélogik suit l’index égalité femmes-hommes, et c’est positif. Il y a une vraie volonté d’intégrer davantage de femmes dans les équipes techniques. Alexandre, par exemple, était très motivé à l’idée d’avoir une technicienne dans son équipe, et ça fait du bien de sentir cette ouverture.
Qu’est-ce qui pourrait inciter davantage de femmes à rejoindre ce type de métier ?
La représentation. On ne voit pas assez de femmes dans les métiers techniques, ni dans les médias, ni dans les publicités. Il faut montrer que ces métiers sont accessibles à toutes.
Soutenir des ateliers non mixtes, où les femmes peuvent apprendre en confiance, serait aussi un bon moyen d’encourager les vocations.
Quelle message aimerais-tu adresser aux femmes ou aux jeunes générations ?
Soyez passionnées et curieuses. Le reste viendra naturellement. J’ai mis du temps avant d’oser me lancer, mais aujourd’hui, je ne regrette pas. Ce métier est exigeant, mais il apporte une vraie satisfaction personnelle.
La passion du geste et l’envie de faire avancer la mobilité
Alma nous montre que la mécanique cycle est accessible à toutes et à tous.
Pour elle, chaque réparation est une manière de contribuer à une mobilité plus durable et à un quotidien plus serein pour les cyclistes.
Chez Vélogik, nous espérons voir encore davantage de mixité au sein de nos équipes techniques, et continuer à encourager celles et ceux qui souhaitent se lancer dans ce métier passionnant.
Pour en savoir plus sur nos actions en faveur de l’égalité femmes-hommes, retrouvez notre article dédié à l’Index égalité sur notre site.
Nous encourageons également le programme Roues Libres, qui œuvre à rendre les métiers techniques plus visibles et accessibles pour les femmes.


