Une filière vélo, pour quoi faire ?

9 %  des déplacements devraient être réalisés en vélo d’ici 2024 et 12 % en 2030. Des objectifs qui font suite à la politique initiée en 2018 par le Gouvernement, via le premier “Plan vélo et mobilités actives”. Un poids grandissant du monde du cycle auquel nous contribuons chez Vélogik, de par nos activités de maintenance de flottes de vélos. Et ce, depuis 2008. C’est donc tout naturellement que nous prenons place dans la structuration de la filière. 

Le vélo occupe la scène.  2 millions de vélos devraient être assemblés en France d’ici 2030, soit +150% par rapport à 2021*. Une place grandissante dans l’espace public et un poids économique impactant. De ce constat, les acteurs du cycle ont décidé de se structurer. La filière vélo est née. Et nous en faisons partie. 

Structurer filière vélo pour plus de visibilité

La nomination de Florence Gall, déléguée générale au sein de l’APIC (Association de promotion et d’identification des cycles)  et ancienne directrice de cabinet de Guillaume Gouffier Valente, à la direction de la filière a marqué le top départ de sa structuration. C’est une nomination qui a du sens, car Florence Gall connaît bien nos activités au travers du rapport sur le poids économique du monde du cycle, remis, en janvier 2022, par le député du Val-de-Marne.

Quel est l’objectif de cette filière vélo ? Structurer les actions de tous ses acteurs et mettre en valeur le développement économique et l’impact social du vélo. Académique, politique, économique et associatif, tous se coordonnent.

Depuis la naissance de Vélogik en 2008, nous avons pu constater l’engouement des citoyens et des pouvoirs publics pour ce mode de transport plus respectueux de l’environnement. De nombreuses initiatives sont menées, mais encore faut-il les structurer pour leur donner plus de visibilité et de poids. 

Ensemble, nous serons plus forts pour relever les défis qui nous attendent : relocaliser, promouvoir l’usage du vélo, construire un écosystème du cycle, valoriser ses acteurs…

Des groupes de travail sont déjà à l’œuvre pour définir des lignes directrices en matière de production industrielle, d’infrastructures et d’aménagements, de loisirs et tourisme, de services, mais aussi plus largement sur les questions de gouvernance et de financement, d’emploi, de formation, de développement durable ou encore de rayonnement européen. 

Vélogik y participe activement. L’objectif : finaliser les axes stratégiques de développement et les besoins des acteurs du cycle en vue de la signature de la convention stratégique de la filière vélo en France, prévue en juin lors du comité interministériel. 

Professionnaliser filière vélo pour donner envie

Pour nous, réseau d’experts de la maintenance cycle, les attentes sont grandes envers cette filière naissante, à commencer par le rôle et la place des jeunes dans les métiers du vélo. 

C’est même le premier défi qu’elle doit relever, selon nous : professionnaliser pour attirer les jeunes à s’investir dans les métiers du cycle.

“En faisant émerger une filière, nous donnons à voir le poids économique du monde du cycle”, affirme Vincent Monatte. 

Créatrice d’emplois, la filière a besoin de visibilité et de reconnaissance pour faire de ses métiers de véritables débouchés pour les jeunes, et plus largement pour toutes les personnes en quête d’un emploi à impact positif.  Car l’engagement RSE (responsabilité sociétale des entreprises) de ses acteurs n’est plus à démontrer. 

Tous sont engagés dans une voie vertueuse, socialement et écologiquement. Un argument pour les jeunes en quête de sens dans leur vie professionnelle. La filière a une carte à jouer. Elle doit donner à voir, aux jeunes générations comme à leurs parents, l’éventail des métiers qu’elle offre (de la mécanique à la communication, en passant par la vente) de même que le potentiel en matière d’embauches et de formations qualifiantes.  

“Professionnaliser la filière, ouvrir des structures de formations initiales et continues sont des objectifs cruciaux”, souligne le dirigeant de Vélogik. Sans oublier, l’aspect salaires. “Si nous voulons créer des passerelles entre les filières – je pense notamment à celle de l’automobile – nous devons harmoniser les rémunérations”, ajoute-t-il. 

Sécuriser et faciliter l’usage du vélo

Professionnaliser est une nécessité pour mieux répondre aux attentes des usagers, chaque jour plus nombreux. Pour que des emplois se créent, il est indispensable que la demande soit au rendez-vous. Encore faut-il que les infrastructures suivent. Les cyclistes doivent se sentir en sécurité, surtout si nous voulons que les plus jeunes s’emparent de ce mode de transport. 

C’est pourquoi la seconde nécessité pour nous est de sécuriser les aménagements cyclables (pistes, stationnement…) pour développer le réseau et favoriser l’usage du vélo.

“Si nous voulons donner le choix aux usagers de leurs moyens de déplacement, des investissements sont nécessaires pour sécuriser les infrastructures”, confirme Vincent Monatte.

Et ce, pour permettre à la mobilité vélo d’être au même niveau que les autres transports. 

Cet enjeu va de pair avec la promotion de l’usage du vélo dans les territoires. Les politiques et collectivités doivent s’engager en ce sens.  

Ce qui nous amène à un troisième objectif particulièrement cher à Vélogik : faciliter l’usage durable du vélo. Le réparer ou l’entretenir doit pouvoir se faire aisément. Chez Vélogik, nous souhaitons contribuer à cet axe de développement en offrant des services de réparation et d’entretien vélo à moins de quinze minutes de son domicile ou de son travail. Et ce, à l’horizon 2030. 

La distribution, la maintenance et la location représentent les trois quarts du poids économique de la filière vélo en France. L’offre n’est donc pas en reste. En 2019, les retombées économiques globales du secteur ont été estimées à 30 milliards d’euros dont 7 milliards en termes de bénéfices pour la santé*.  Une proportion non négligeable !

Arguons que cette manne économique impulse un soutien de l’État, nécessaire pour offrir d’une part aux usagers sécurité et services adaptés, et d’autre part aux acteurs engagés, professionnalisation et formation. 

Comme le résume le dirigeant de Vélogik :

“Demain, si nous parvenons à atteindre une visibilité et un poids identiques à ceux de l’automobile, aux yeux du grand public et des instances publiques, nous aurons passé un cap !”

*Source : Livre blanc, édité par l’Apic sur les 9 engagements pour un avenir durable de la filière économique du vélo en France (Etats généraux 2022).

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